Module 0 — Le binaire et les portes logiques
Les fondations de toute puce, y compris la tienne.
0.1 — Pourquoi le binaire ?
Un transistor est un interrupteur : le courant passe (1) ou ne passe pas (0). C'est fiable, rapide, et minuscule — on en grave des milliards par puce. Tout ce qu'un ordinateur manipule (nombres, textes, images, poids d'un réseau de neurones) est donc codé avec uniquement des 0 et des 1 : c'est le binaire.
En décimal, chaque position vaut une puissance de 10 (unités, dizaines, centaines…). En binaire, chaque position vaut une puissance de 2 : 1, 2, 4, 8, 16, 32, 64, 128…
1011 en binaire = 8 + 0 + 2 + 1 = 11 en décimal.0.2 — Les portes logiques
Une porte logique est un petit circuit de quelques transistors qui prend 1 ou 2 bits en entrée et produit 1 bit en sortie, selon une règle fixe :
ET(AND) — sortie 1 seulement si les deux entrées sont à 1OU(OR) — sortie 1 si au moins une entrée est à 1NON(NOT) — inverse l'entrée : 1 devient 0, 0 devient 1XOR— sortie 1 si les entrées sont différentesNAND— un ET inversé. La porte la plus importante : avec uniquement des NAND, on peut construire n'importe quel circuit — y compris un processeur entier !
0.3 — D'où viennent les portes ? Du relais au transistor
Avant le transistor, on construisait les portes logiques avec des relais électromécaniques : un interrupteur commandé par un électroaimant. Un petit courant traverse une bobine, qui devient aimantée et attire une lamelle métallique — le contact se ferme, et un autre courant peut passer. C'est exactement la fonction du transistor… en version mécanique.
Les premiers ordinateurs de l'histoire étaient faits de relais : le Zuse Z3 (1941, ~2 600 relais) et le Harvard Mark I (1944, ~3 500 relais, 4,3 tonnes !).
0.4 — Vérifie tes connaissances
Réponds juste aux 5 questions du quiz pour débloquer.